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03 août 2018

Sionisme

Karim et moi nous sommes en voiture. Il fallait bien que ça vienne sur le tapis. Tôt ou tard. Le conflit entre Israël et la Palestine.

- Karim ! 

- Oui mon ange ...

- Ça s'est passé il y a 2000 ans.

- Quoi ? 

- Le conflit. 

- ... ?

- Avec Pompée les Romains conquièrent la Judée et la Samarie.

- ...

- Ce sont des territoires où les juifs sont installés depuis des siècles. Ils cohabitent avec d'autres populations. Certains juifs s’accommodent de l'occupation romaine. Mais il y a les Zélotes.

- Les Zélotes ? 

- C'est une secte. Ils poussent la population à se révolter contre les Romains. Ces derniers assiègent Jérusalem. Ils sont victorieux. Le Temple de Jérusalem est détruit.

- C'est grave ?

- Oui ! Depuis 1000 ans le Temple c'était le centre du pouvoir politique et religieux pour les juifs.

Ces derniers quittent Jérusalem. Ils s'installent sur la côte pour reconstruire leur communauté.

- ?

- Ils la reconstituent en construisant des synagogues. En 135 les juifs se soulèvent à nouveau contre les Romains. Ils sont encore vaincus.

- ...

- Jérusalem est interdite aux juifs. L'exil commence. Au cours des siècles ils partent s'installer sur le continent européen et en Afrique du Nord. La Palestine passe de main en main. Elle appartient à l'empire romain. Puis à l'empire byzantin. Et enfin à l'empire ottoman.

Au VIIe siècle les armées arabes se lancent à la conquête du Moyen-Orient. Elles envahissent la Palestine. La Palestine reste sous domination musulmane jusqu'au début du XXe siècle.

...

- ... Yvan ! C'est quoi le sionisme ? 

- Au XIXe siècle en Europe l'idée de réinstaller les juifs en Palestine germe dans les communautés juives. Le sionisme démarre comme ça. 

- Pourquoi ? 

- Parce que les juifs sont victimes de pogroms.

- C'est quoi un pogrom ?

- Un pogrom ce sont les attaques successives qui sont commises vis-à-vis des juifs.

- Qui fait ça ?

- Les populations locales. Par exemple les juifs de Russie sont victimes de pogroms.

Il y a autre chose. Ça se passe en France.

- C'est quoi ? 

- L'affaire Dreyfus. Tout ça ce sont des catalyseurs du sionisme. C'est comme ça que se mettent en place les bases du sionisme.

Le sionisme c'est un mouvement.

- Il défend quelle idée ? 

- Celle que les juifs ont le droit de trouver refuge dans un État pour fuir les persécutions.

Des juifs ont commencé à émigrer en Palestine au début du XIXe siècle. Le mouvement s'accentue.

Après la Première Guerre mondiale l'empire ottoman est démantelé.

La Palestine devient un protectorat britannique.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale six millions de Juifs sont exterminés. Le mouvement sioniste tire une légitimité de cette tragédie.

Mais il y a un problème.

Les 2/3 des Palestiniens sont des arabes. Les 1/3 sont juifs.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale les Nations Unies votent la création de deux États. L'un juif. L'autre arabe.

- ...

- Les tensions s'accroissent entre les deux communautés.

Jérusalem est placé sous régime international.

Les pays arabes refusent ce partage.

- Ils ont raison ! 

- Comment ça ils ont raison ???? Nous juifs avons droit à un État pour nous préserver des attaques et des agressions ! Nous revendiquons le droit de retrouver nos terres et de renouer avec nos origines !!!!

- ...

Je vois Karim se rembrunir. J'aurais pas dû aborder le sujet. Il est pommé. Il est en colère.

Il ne sait quelle attitude adopter. Quoi penser. Quelle attitude adopter. Mais pour lui. Pour nous je dois continuer à aborder le sujet. À lui parler.

- Karim. Ecoute-moi !

C'est la guerre. Elle éclate entre Israël et les pays arabes. 

David Ben Gourion proclame l'indépendance de l'État d'Israël.

C'est le premier conflit officiel entre l'état d'Israël et les pays arabes. Le conflit ne fait que commencer.

Karim ! En 1896 en Europe apparaît un ouvrage.

- Comment il s'appelle ? 

- "L'État juif. Une réponse à la question juive". L'auteur a 35 ans. C'est un journaliste hongrois. Il est juif. Il s'appelle Herzl.

L'année précédente il était à Paris. Il a assisté à la dégradation du capitaine Dreyfus dans la cour des Invalides. 

Herzl est révolté par la flambée d'antisémitisme en France.

- Pourquoi la France ?

- Parce que dans le monde la France c'est la patrie des Droits de l'Homme. Herzl en tire une conclusion.

- Laquelle ? 

- Pour nous les juifs c'est une illusion de croire que les autres pays finiront par nous assimiler. Ou qu'il faut chercher notre intégration et le salut dans les autres pays.

Nous juifs devons posséder notre propre État !

Cet État doit offrir un refuge à tous les juifs persécutés dans le monde entier.

Herzl présente cette thèse dans un ouvrage. Cette dernière suscite l'enthousiasme chez les juifs. Elle rejoint les aspirations des sionistes. Depuis une quinzaine d'années des juifs commencent d'émigrer en Palestine.

Le mouvement sioniste s'organise. Dans les mois qui suivent Herzl et ses amis réunissent un congrès.

Le premier congrès se réunit à Bâle en Suisse. Il définit un plan d'action.

- Lequel  ? 

- Il propose la colonisation de la Terre sainte par les paysans. Les ouvriers et les artisans juifs.

Le congrès va se réunir chaque année. Celui-ci a pour mission d'organiser le mouvement sioniste. Par ailleurs pour financer le nouvel État d'Israël celui-ci crée la Banque nationale juive et le Fonds national juif. L'objectif est d'acquérir des terres agricoles en Palestine.

Le slogan c'est : Une terre sans peuple pour un peuple sans terre.

- Quoi ? 

Karim se met en colère. Je sens Karim qui s'éloigne de moi. Je poursuis ?

Karim dit :

- Tu en fais quoi des Palestiniens qui vivent depuis des siècles en Palestine ????

Moi Yvan je suis pris de court. Je ne sais pas quoi répondre. Je ne trouve plus les arguments qui font mouche. Je réponds.

- ... C'est vrai. Cette politique ne tient pas compte de la présence des habitants musulmans. Chrétiens et juifs. Ces gens-là vivent depuis des siècles sur la terre de Palestine. De plus Herzl n'hésite pas. Dans son projet il n'exclut pas d'expulser ce qu'il appelle les indésirables ...

En 1902 Herzl publie un autre ouvrage. C'est un roman d'anticipation.

- Il raconte quoi ?

- La vie dans le futur état d'Israël. Il dit que le sionisme c'est un rempart contre la barbarie.

Herzl est actif. Il multiplie les contacts avec les chefs d'État et avec le pape Pie X.

...

En 1903 Chamberlain le premier ministre britannique propose d'installer le nouvel État juif en Afrique. Sur le territoire de l'Ouganda. C'est une possession britannique !

En 1904 Herzl meurt épuisé à l'âge de 44 ans.

En 1917 son rêve reçoit une impulsion décisive avec la déclaration Balfour.

- C'est quoi cette déclaration ? 

- Elle apporte aux sionistes l'appui officiel de la Grande Bretagne pour créer l'État d'Israël en Palestine.

Dix ans après en 1947 la déclaration Balfour trouve sa raison d'être avec le génocide des juifs en Europe.

L'assemblée des Nations Unies vote le partage de la Palestine en deux États. L'un sera arabe. L'autre sera juif.

En 1948 David Ben Gourion proclame l'État d'Israël. Il en devient le premier président.

Karim ! Les conflits se succèdent.

En 1967 Israël attaque la Cisjordanie et Jérusalem-Est. À l'est de Jérusalem se trouvent les lieux saints révérés par les chrétiens. Par les juifs et par les musulmans.

- Yvan. On peut pas faire la paix ?

- Je sais pas. De multiples tentatives de paix ont lieu. 

La communauté internationale souhaite la création d'un État palestinien qui puisse coexister avec l'État d'Israël.

Le règlement du conflit se heurte à des querelles.

- Lesquelles ? 

- La sécurité d'Israël. Le tracé des frontières. Le statut de Jérusalem. Le droit au retour des réfugiés palestiniens qui ont fui leurs terres. Ou qui en ont été chassés. Les soulèvements palestiniens que l'on appelle les intifadas. Les luttes armées dans la bande de Gaza.

Dans cette dernière les conflits sont menés par le Hamas.

Le Hamas c'est un mouvement islamiste qui refuse de reconnaître Israël.

- Et les Palestiniens ? 

- Ils disent que des années de négociation avec Israël ne servent à rien. Alors ils internationalisent le conflit.

- ...

- Pour reparler à Israël la Palestine demande d'arrêter la colonisation des territoires palestiniens. 

Israël refuse et exige que la Palestine reconnaissent l'État juif en tant que tel.

Mais Karim quelque chose fait peur aux Palestiniens.

- C'est quoi ?

- Que l'État d'Israël supprime le droit au retour pour les réfugiés palestiniens ...

Du côté israélien c'est compliqué. Certains membres du gouvernement défendent la colonisation.

- Yvan ! Ils sont combien les colons israéliens qui empiètent les territoires en Palestine ? 

- 600 000.

Une conférence de l'ONU adopte une résolution qui condamne la colonisation.

- Alors la communauté internationale change d'avis !

- Non. Ce sont les Américains qui s'abstiennent de voter ...

- ?

- La conférence se tient sans les Israéliens et sans les Palestiniens.

- Yvan ! Comment a débuté le conflit ?

- Karim ! Ça date de l'époque romaine ! Les Romains envahissent la Palestine. Ils prennent le contrôle de Jérusalem. Ils chassent les Juifs. Les Juifs se dispersent dans le monde entier. Au 19ème siècle ils décident de revenir s'installer sur leur terre d'origine. Le problème c'est qu'il y a déjà des gens en Palestine. Et qu'ils y habitent depuis des siècles ! Et ils sont arabes ! On peut pas les déloger comme ça !

C'est à ce moment-là que démarre le conflit.

- Yvan ! Ça veut dire qu'il y a deux territoires et deux ennemis ?

- Oui ! C'est compliqué car les frontières entre les deux pays sont en zigzag.

Le pire dans tout ça c'est que au fil des conflits là Palestine se morcelle et sa surface diminue.

- Yvan ! La paix entre les Israéliens et les Palestiniens ne sera jamais conclue ! Une partie des Palestiniens n'accepte pas la présence des Israéliens. Le Hamas poursuit la guerre contre Israël. Après chaque attaque l'État hébreux bombarde la Palestine.

Yvan ! Cette guerre elle fait de nombreuses victimes parmi la population arabe ! 

...

Karim se fâche. Il est dégoûté. Écœuré. Il ne comprend pas. Ça le laisse perplexe. Je crois que notre couple en prend un coup. Karim

a une mine sombre comme je ne lui en ai jamais connue. Depuis que je le connais. Que je suis avec lui. Que je le considère comme mon mec. Je ressens de l'angoisse. De l'appréhension. De l'amertume et de la peur.

Ma vie sans Karim ? C'est impossible. Impensable.

Comment ne pas le comprendre ? J'ai le cul entre deux chaises. C'est atroce.

Je suis partagé entre mon peuple. Mes convictions. Et l'amour que je porte à Karim.

J'essaye de sauver la situation. Je n'y arrive pas. Alors je prends la perche qui m'est tendue. J'essaye de reprendre le fil de la discussion.

- Karim ! Il semble impossible de réconcilier deux frères ennemis ...

Je m'enfonce. J'aurais mieux fait de me taire.

Karim arbore une mine décomposée. Il a un regard noir comme je ne le lui en ai jamais connu.

Moi Yvan je le dis encore. J'ai peur de perdre mon couple. L'amour de ma vie. Et celui-ci s'appelle Karim.

...

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02 août 2018

Lune de miel

Entre Karim et moi Yvan c'est la lune de miel. Le romantisme. L'amour. La tendresse. Tout ça à la fois. Chaque soir nous allons nous promener sur la jetée. On aime regarder le soleil couchant. Nous partons vers 22 heures. C'est calme. Les derniers visiteurs reviennent de la plage. Nous les rencontrons. Nous faisons attention. Je rêve de lui tenir la main.

Je crève d'envie que Karim me montre de la tendresse. On s'arrête.

Devant nous un magnifique coucher de soleil.

Karim :

- Yvan ! C'est notre lune de miel ! 

- Karim. Tu sais d'où vient cette expression ?

- Non.

- Ça vient des pharaons ! Lorsqu'ils se mariaient ils buvaient une boisson à base de miel et de propolis pendant 28 jours. C'était pour obtenir joie et bonheur dans le couple.

...

Karim et moi on s'immobilise. On est seuls. On en profite pour se tenir par la main. En regardant le soleil couchant.

Face à la mer Karim est derrière moi. Il pose sa main droite sur mon épaule. Il me dit :

- Yvan ! Avant de se coucher le soleil pose des touches de couleurs sur l'horizon. Sur l'infini.

C'est comme un peintre !

- Un peintre ? 

- Oui ! Son pinceau fait scintiller l'eau des rivières comme des étoiles. Il couvre les montagnes d'ombres et de lumières. Il épouse les vagues de la mer comme l'amant épouse le corps de son ami dans l'étreinte du soir ! 

- Karim ! C'est vrai. Ce coucher de soleil est éblouissant. Grandiose. Tu es romantique ! 

- Yvan ! C'est ce que je ressens avec toi. Le coucher de soleil c'est une musique qui provient de la Nature ! Elle installe notre âme dans la quiétude de l'Éternité ! C'est le murmure des vagues qui viennent mourir sur le sable. Le cri des grillons. La nature qui se couche. Qui s'endort. Yvan ! Lorsque je pose mon regard sur l'horizon je regarde le coucher de soleil comme si c'était le dernier ! 

- Pourquoi ? 

- Parce-que c'est une forme de prière à la Nature pour qu'elle ne t'abandonne jamais !

...

Karim garde sa main sur mon épaule. À nouveau je ressens le besoin d'être dominé par lui. Me sentir protégé. En sécurité.

Je pose ma main sur la sienne. Ce seul geste déclenche en moi une érection. Je savais pas qu'un gars pouvait provoquer autant d'émotions sur moi.

Karim enlève sa main de mon épaule. Pour m'étreindre. 

Avec ses deux bras il entoure ma taille. Mon cœur va défaillir. Trop de tendresse. Il me serre avec force. Il bande ses muscles.

Peut-être pour la première fois de ma vie je me sens aimé comme jamais je ne l'ai été. Bonheur. Plénitude. Miracle.

En même temps j'ai peur. Je me dis qu'un tel bonheur ça ne peut pas durer.

De façon inconsciente ma main va fourrager en arrière pour atteindre la crinière de Karim. Il en profite pour me décrocher un baiser dans le cou. Les poils de sa barbe me chatouillent.

J'ai une pensée coupable. À cet instant je donnerais ciel et terre pour qu'il me prenne là. Tout de suit. Sur la plage. Sans rien. Sans capote. Sa chair dans ma chair. Son membre. Son sexe. Son amour. Son Moi.

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20 juillet 2018

Première fois

Karim et moi Yvan on devient amants. Pas amoureux. C'est encore trop tôt pour le dire. Pour la première fois nous découvrons l'amour. Les joies du sexe. Du plaisir. On a passé les tests ensemble. Séronégatifs. Tous les deux. Mais on mettra un préservatif. Sauf pour la fellation. 

Karim habite un duplex qui comporte une chambre à l'étage. Karim monte les escaliers. Je suis derrière lui. Les escaliers sont en colimaçon. En le suivant je me dis que sa chambre va abriter nos amours. Pendant quelques temps. Je sens que nous allons y passer de longues heures à s'aimer. C'est génial. On va aller à la découverte l'un de l'autre. Découvrir nos corps respectifs. Les explorer. De fond en comble. Vivre des sensations. Un amour passionné.

Karim arrive le premier. La porte est ouverte. Sur le palier il a un moment d'hésitation. Du regard il embrasse toute la chambre. Le bruit de mes pas cesse de raisonner dans la cage d'escalier. Je m'arrête derrière Karim. Je mets la main droite sur son épaule. Sans se retourner il pose la sienne sur la mienne. Moment délicat et délicieux. Tendresse. Puis il tourne la tête. Il me sourit. Bonheur. Je lui rends son sourire. J'appréhende un peu. Je suis intimidé. Je découvre l'inconnu. Je redoute le moment où nous allons nous aimer. Pour la première fois. Ça me fait peur. Karim non. Au contraire. Il a hâte. Il enlève sa main. Il s'avance. Je le suis. Il ne se déshabille pas. Il veut faire durer le moment. Il se tourne. Il me regarde avec densité. Il possède une intensité particulière dans le regard. Ça en dit long. Il avance ses deux mains vers mon visage. Il veut prendre ma tête entre les deux mains. Comme l'on saisit un cadeau ou une offrande.

Il approche ses lèvres des miennes. Je sens la chaleur de ses lèvres. Et son souffle chaud. Ses lèvres sont rouge sang. Chaudes. Pulpeuses. Comme celles d'une jeune fille des années 60. Elles palpitent. Il dépose un baiser sur mes lèvres. Karim est doux. Prévenant. Il prend son temps. Ça déclenche chez moi une érection soudaine.

Les lèvres de Karim en sont la cause. Avec sa langue il va chercher la mienne. Je suis surpris. Je suffoque. Le plaisir fait surface. Le sien puis le mien. La volupté m'envahit. Sa langue s'enroule autour de la mienne pour l'attirer dans sa bouche. Karim m'attire à lui.

Mon sexe est dur comme du bois. Il faut que je le libère. Que je me déshabille devant Karim. C'est vital.

Karim retire sa langue. Il recule. M'adresse un autre sourire.

Son regard se pose sur le col de ma chemise. Je me demande ce qu'il va faire. J'ai confiance en ses gestes. En tout ce qu'il va faire dans l'heure qui suit. 

Avec des gestes délicats il déboutonne mon col de chemise. Il continue vers le bas. Avec méthode. Douceur. Délectation. Ma poitrine apparaît. Glabre. Presque blanche. Pas de poils. Tout au plus quelques poils autour de mes seins. Ça lui plaît. Ça l'excite. À son tour Karim dégrafe sa chemise. Il la déboutonne sans me quitter du regard. 

Il ne me quitte pas des yeux. Il écarte les deux pans de sa chemise blanche pour me présenter son corps. Il me l'offre.

C'est plus fort que moi. Je ne peux m'empêcher de baisser les yeux pour admirer son torse velu. Il est très  poilu. Je dépose les deux mains avec douceur sur celui-ci. Je le caresse. Karim se laisser faire. Il aime ça.

Les poils de Karim sont soyeux. Doux. Il est fier de son corps et aime le montrer tout entier. Il enlève tout devant moi. 

Pour lui c'est naturel.

Le frottement de la chemise sur mes seins ça m'excite. Mes seins sont sensibles. Ça m'excite. Ça devient incontrôlable. Je veux que Karim prolonge mon plaisir. Qu'il aille plus loin. Il approche son visage de mes seins. Avec sa langue il se met à me lécher le sein gauche puis le droit. Mon sexe se durcit mais je ne ressens aucune gêne. 

Ce qu'il fait me procure des sensations jamais ressenties avant. Elles envahissent tout mon corps. Mes jambes tremblent. Elles sont fébriles.

Je n'y tiens plus. C'est trop. Avec les deux mains je saisis la tête de Karim. 

Je l'approche de mon visage. Je me mets à l'embrasser avec fougue. Passion décomplexée. 

Je me retire pour l'observer. Je prends conscience de la beauté de ses traits. De la finesse de son visage. Nez aquilin. Busqué. Son allure est celle d'un berbère. Karim possède le teint mât. Il est brun de peau. Sa dentition parfaite met en valeur ses dents d'un blanc éclatant.

Je m'agenouille devant Karim. Je sais ce que je vais lui faire. Et ce qu'il attend. J'en ai envie de toutes mes forces. Je le vois dans ses yeux. 

Le sexe de Karim se met à grossir à une vitesse dingue. Je découvre son sexe en pleine érection pour la première fois. Il est énorme. Je suis surpris. Je m'attendais pas à un tel engin. C'est tant pis. Ou tant mieux ! On verra. Après tout j'ai tellement envie d'aller plus loin avec lui. 

Je veux pouvoir offrir à Karim tout ce qui pourra lui faire plaisir.

Sans attendre j'engouffre la totalité de son sexe dans ma bouche. Je manque de m'étouffer. Je perds mon souffle. Son sexe tout entier entre dans ma bouche. Jusqu'à la garde. Mes lèvres effleurent son pubis. Avec ma bouche j'entame un va et vient. Son sexe gonfle de plus en plus. J'accélère la cadence. Je vais de plus en plus vite. Hors de question de s'arrêter trop vite.

Karim gémit. Je suis fier de ce que je lui donne. Je ressens de la satisfaction. Karim se retient. Je sens qu'il veut passer à autre chose.

Avec ses deux mains il me relève avec force. Il cherche à dominer son excitation. J'offre mes fesses à Karim. 

J'ai hâte. Tout mon corps réclame Karim. Tous mes sens l'appellent de toutes leurs forces. 

J'attends Karim.

Il se baisse derrière moi. S'accroupit. Mes fesses se trouvent collées à son visage.

Avec ses deux mains il saisit chacune d'elles. Avec sa langue il veut aller en moi. Je me détends. Je lui offre mon anus. Volupté. Indécence. Je le laisse faire. Avec sa langue il va chercher à l'intérieur. 

Il a tous les droits. Il introduit sa langue. Il va le plus loin possible.

Je veux qu'il me domine.

Karim se relève. Il prépare son sexe pour la phase suivante. Il se saisit d'un préservatif. C'était convenu comme ça depuis le début. 

D'une main experte il le glisse sur son sexe.

Je me retourne pour le regarder faire. J'admire sa dextérité et son habileté à faire cette manœuvre.

Il prend un flacon de gel sur la table de nuit. Sans précipitation il enduit mon anus avec.

Puis il oint son sexe avec une lenteur calculée. Pas question de me faire mal. C'est ce qu'il veut.

Karim va me prendre. Avec précaution il se sert de ses doigts pour élargir mon anus. Ses doigts fouillent à l'intérieur. Je gémis de plaisir. C'est plus fort que moi.

Karim entre en moi. Rapide. Sans douleur.

J'étais prêt. Je l'attendais.

Il s'aide de la main droite pour introduire toute la longueur de son sexe en moi. Je sens celui-ci à l'intérieur de mon corps. Je suis dominé comme je ne l'ai jamais été. C'est la première fois que je ressens un truc pareil.

Je me mets à ahaner. Sans retenue.

Tout mon corps est à lui.

Il a un temps d'arrêt. Il veut savoir ce que je ressens. Il ne sort pas de moi. Il approche son visage du mien.

- Tu aimes Yvan ? 

- Oui ! ...

Karim reprend son mouvement de va et vient. Il va de plus en plus vite. Je sens l'explosion finale qui va pas tarder à arriver. Je sens la température de son corps qui augmente. Il va éjaculer. Sa semence va jaillir. Je ne veux pas qu'il s'arrête. J'aimerais que ça ne s'arrête jamais. Le plaisir partagé atteint son paroxysme. Le plaisir à deux n'a jamais été aussi intense. Karim me brûle de l'intérieur. Il se retire. Il va jouir. Il retire le préservatif. Sa semence jaillit sur mon dos. Les spasmes diminue de plus en plus.

Sa semence brûle mon dos.

Peu à peu Karim reprend ses esprits. Il revient à moi. Il me glisse dans l'oreille :

- Yvan. C'était super ...

C'est à mon tour d'être actif. Je retourne tout mon corps vers Karim. Je saisis un préservatif sur le lit. Je le mets sur son sexe encore en érection. Je me couche sur le dos. Je positionne mes mains derrière les oreilles et mes cuisses relevées pour que Karim 

vienne encore en moi. C'est Moi qui effectue le va et vient avec tout mon corps autour du sexe de Karim.

Je veux qu'il jouisse une seconde fois. Karim n'y tient plus. Ça se produit. Il enlève son préservatif. Je me précipite vers lui pour recueillir sa semence dans ma bouche. J'ai envie d'avoir ce goût âcre et sucré sur ma langue. J'avale son sperme. C'est intense. Je me lève. 

C'est fini. Debout je me positionne devant Karim. J'attends le verdict. C'est important pour moi.

Karim me sourit. Je retrouve ses yeux rieurs. Le verdict tombe :

- C'était bien ... C'était trop bien Yvan.

Je me sens envahi par une overdose de tendresse. De bien-être. Un bonheur comme je n'en ai jamais ressenti jusqu'à présent. Je me sens fier. Reconnaissant. Empli de gratitude pour Karim. Je comprends pas le sens de tout ça. Ça n'a pas d'importance. Ce qui compte c'est de donner à l'autre. Sans pudeur. Sans retenue. Avec amour.

Ce que je sais c'est que j'ai su donner à Karim ce qu'il attendait. Et ce que je lui ai donné il me l'a rendu au centuple.

Merci Karim.

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22 juin 2018

Baal

Karim et moi on s'entend bien. Nous nous baladons en voiture. C'est Karim qui conduit. Je n'arrête pas de le regarder. De profit. Je le regarde pas trop pour qu'il fasse attention à la route. Mais je ne peux m'empêcher de détailler sa physionomie.

J'adore son nez busqué. Et je ne peux m'empêcher d'admirer cette barbichette qu'il porte avec un naturel désarmant. J'arrête de regarder Karim car je commence d'éprouver des sensations d'un nouveau genre.

J'engage la conversation. Je veux en avoir le cœur net. J'attaque.

- Karim ! Je suis juif.

- T'as pas besoin de me le dire. Je l'avais deviné ...

À ce moment-là Karim me détaille de haut en bas. Il ne sourit pas. Il regarde la route. Il est sérieux. Il tourne à nouveau là tête vers moi. Ses yeux sont admiratifs.

- Enchanté Yvan ...

- Karim ! Écoute-moi ! 

Les peuples qui ont précédé Israël pratiquaient la prostitution féminine et la prostitution masculine.

- Ah bon ? 

- C'était une forme de rite au service du dieu Baal. Cette pratique était acceptée par toute la société.

- C'est qui Baal ? 

- Baal c'est un dieu. Les premiers Hébreux lui vouaient un véritable culte. Dans les premières inscriptions phéniciennes tu vois son nom apparaître.

Baal on le retrouve aussi dans les inscriptions cunéiformes. Et chez les auteurs grecs ou latins ...

- Yvan ! Ça veut dire quoi cunéiforme ? 

- C'est une façon d'écrire où les caractères privilégient les cônes. Ce sont des figures géométriques. On trouve ses origines en Mésopotamie.

- Quand ? 

- En 3000 avant J.C ! À partir de là ça se répand dans le Proche-Orient. Pour finir par disparaître au cours des premiers siècles de l'ère chrétienne.

...

- Yvan ! Pourquoi Babylone on l'appelle la prostituée ? 

- C'est dû aux  souvenirs laissés par les récits des Judéens. Ce sont les premiers juifs. Nabuchodonosor II règne en maître. Il bat à plate couture l'armée des Judéens. Les Judéens sont vaincus. Ils sont déportés à Babylone. 

Karim !  Les peuples de Judée haïssent Babylone ! 

Ces derniers l'accusent de tous les péchés. Babylone devient le symbole du péché et de la persécution. La cité du mal ! Cette réputation se répand en Occident et en Orient.

Karim ! 

La bible soutient que la prostitution masculine était officielle. C'est le Lévitique qui le premier condamne l'homosexualité. Il parle des relations sexuelles entre hommes. Pas entre femmes ! C'est là où il y a un problème. 

À part le Lévitique la Bible n'aborde jamais la question de l'homosexualité entre hommes.

- Yvan !! C'est quoi le Lévitique ? 

- Le Lévitique c'est un des cinq livres de la Torah. Il doit son nom à un prêtre hébreu issu de la tribu des Lévi.

- Et la Torah c'est quoi ? 

- La Torah c'est l'enseignement transmis par Moïse. Il lui a été inspiré par Dieu.

Karim ! Les anciens Hébreux pratiquaient la prostitution sacrée. Masculine et féminine.

Les prostitués étaient sacrés. Ils vivaient dans les sanctuaires du dieu Baal.

Pourquoi Baal ? Parce qu'il est le dieu de l'orage et de la pluie. Il fait fructifier les récoltes. Elles doivent pouvoir subvenir aux besoins du peuple.

Les Hébreux prient Baal. Ils lui vouent une dévotion sans limites pour obtenir une moisson abondante. Ils se rendent aux sanctuaires pour y retrouver les prostitués hommes et femmes.

- ??

- Karim ! Chez les premiers juifs la relation sexuelle est considérée comme un rituel. Il est indispensable pour assurer la fécondité de la terre. Des élevages. La fertilité des êtres humains. Des habitants. .

L'acte sexuel reproduit l'union entre Baal et Astarté. Tous deux sont considérés comme des divinités par les Judéens. Par les premiers Hébreux. C'est une pratique qui se répand.

- Yvan ! C'est qui Astarté ?

- Astarté c'est l'épouse du dieu Baal. La déesse de la fertilité. Elle décide de la naissance des peuples.

...

- Yvan ! Un sanctuaire c'est quoi ?

- Ça vient du mot sanctus. En latin ça veut dire " sacré ". Un sanctuaire c'est un lieu qui est interdit aux profanes et qui s'adresse aux prêtres.

...

Karim ! C'est pas tout ! 

Les textes de la Bible évoquent l'amitié entre David et Jonathan. David c'est le roi d'Israël. David et Jonathan font un pacte d'amitié et se promettent fidélité.

- Yvan ! Dans le Coran on retrouve les mêmes questions !

- Comment ça ? 

- Dans le Coran les membres du peuple de Loth sont les premiers dans le monde antique à tolérer une population homosexuelle.

- C'est qui Loth ? 

- C'est un prophète. Il est le neveu d'Abraham.

...

- Yvan ! Au dix-huitième siècle en France les homosexuels on les brûlait vifs. Au même moment dans l'Empire ottoman les califes affichent leurs relations homosexuelles. Pendant des siècles ça n'a posé aucun problème.

- Mais alors pourquoi l'islam condamne l'homosexualité ? 

- C'est dû à l'effondrement de la civilisation arabo-musulmane. Ça génère le nationalisme et l'islamisme. Les sociétés arabes vivent une crise identitaire. Aujourd'hui ça explose. Ce sont les Printemps arabes. Ce sont des révolutions avortées.

- Pourquoi ??

- Parce qu'elles ne débouchent pas sur la démocratie.

Les sociétés arabes mettront du temps avant d'évoluer. En France en 1789 on coupe la tête du roi.

- Quel rapport ? 

- II a fallu attendre un siècle avant de trouver un système politique fiable ...

- Ça veut dire quoi ? 

- Qu'il faut des dizaines ou des centaines d'années avant que les sociétés n'évoluent de façon durable.

...

L'homosexualité c'est pas un problème de l'islam. C'est une histoire de politique ! Ça relève soit du fascisme. Soit du totalitarisme.

- C'est quoi la différence ? 

- Le fascisme ça impose une identité unique. Le totalitarisme il impose sa loi dans l'espace public et dans la sphère privée. Et ça c'est inacceptable. 

- Alors qu'est-ce qui se passe ?

- Le pire qui puisse arriver. Pour les peuples.

- ??

- Le repli sur soi. Identitaire. La peur de l'autre. La montée de l'homophobie. De la misogynie. Du machisme. Du racisme. Dans ce cas quoi de plus facile que de s'en prendre aux minorités les plus fragiles ?

Karim ! 

Toutes les minorités sont concernées.

- Et le mot sodomie ça vient d'où ? 

- Ça vient de la ville de Sodome. Tu sais ce que ça veut dire ?

- Non.

- " Viol rituel ". Ça n'a rien à voir avec les relations sexuelles entre hommes.

- ?

- À Sodome et à Gomorrhe pour être un fils ou une fille de bonne famille il faut faire don de sa virginité au temple. Offrir sa semence quand on est un homme. Ou sa virginité lorsqu'on est une femme ...

- Karim ! La sourate 27 du verset 55 du Coran dit :

" Vous allez aux hommes au lieu de femmes pour assouvir vos désirs ? Ça veut dire que vous êtes un peuple ignorant ! "

- Ça signifie quoi ? 

- C'est une question de traduction ! On trouve la même chose dans la Bible ! C'est l'Antiquité.  En fait c'est pour justifier la pratique de l'esclavage ! La légitimer. C'est une pratique répandue dans tout le monde antique. 

- Quoi ? 

- L'esclavage. 

C'était la règle pour les peuples vaincus. Elle est imposé par les peuples vainqueurs.

Karim ! 

Il faut pas lire les textes du Coran de manière littérale ! C'est pas comme ça qu'il faut les comprendre. 

Ça vaut pour toutes les religions. Il faut remettre tous les textes dans le contexte social de l'époque.

Shahwa c'est le terme utilisé par le Coran. Et Shahwa ça signifie désir bestial.

Karim ! 

C'est ça qui est interdit.

Pas l'amour entre deux hommes ou entre deux femmes. Le Coran n'a jamais condamné une histoire d'amour entre deux hommes ou entre deux femmes. 

- T'en es sûr ? 

- Bien-sûr ! Dieu quel qu’il soit n'est pas stupide au point de croire que ce sont les villes de Sodome et de Gomorrhe qui ont inventé l'homosexualité !

Certains musulmans disent :

" L'homosexualité n'existait pas avant Sodome et Gomorrhe ".

C'est faux. Et c'est absurde !

Karim ! 

L'homosexualité existe depuis la nuit des temps. On la trouve chez plus de quatre cents espèces animales ! Elle fait partie de la nature !

Karim ! Qui donc a créé la nature si ce n'est Dieu lui-même ? 

Le Coran ne peut contredire cela. Ce n'est pas son rôle.

Karim ! Le Coran ne peut s'opposer à Dieu.

Rappelles-toi ce que Dieu dit à Moïse :

" La vérité n'est pas au ciel. Elle est parmi vous ".

- Ça veut dire quoi ? 

- Que c'est le peuple qui doit s'approprier la vérité qui est transmise par Dieu. Le peuple doit intégrer cette vérité dans la vie de tous les jours !

- Et alors ? 

- Ça veut dire aussi que cette vérité il faut la faire évoluer !!

La vérité existe que si elle évolue ! Sinon elle n en est pas une ! 

La majorité des pays musulmans rejettent l'homosexualité. Mais dans la majorité des pays occidentaux les musulmans sont plus tolérants. Pourquoi ? Parce que les populations interfèrent les une dans les autres.

- Ça veut dire quoi ? 

- Qu'elles s'auto-influencent ! 

C'est une affaire d'éducation. Lorsqu'ils se mélangent ou quand ils sont brassés les peuples s'éduquent les uns les autres.

Pour évoluer l'idéal c'est le brassage permanent des populations ! 

Karim ! 

Aux États-Unis les mosquées sont tolérantes. Elles font respecter l'égalité des sexes. Dans la mosquée de Toronto le prêche est exercé par une femme. 

...

Nous sommes toujours dans la voiture de Karim. Il se retient d'aller trop vite pour prolonger la conversation. 

Il conduit d'une main sûre. J'aime ce côté viril dans son attitude.

Karim se saisit de ma main et la met dans la sienne. Je ne m'y attends pas. Je suis surpris. Je le regarde avec étonnement. Et émotion. 

J'aime Karim. Je l'admire. 

Il me décroche un large sourire. C'est une invitation. J'espère ! 

Je lui rends son sourire. Je reste sur mes réserves. Il lève son bras tout en gardant ma main dans la sienne. Comme pour bien la sentir. Et la retenir. Ce moment est magique. Il le fait durer. J'adore.

À nouveau il me décroche un sourire. Encore plus resplendissant. Je me détends. Je me sens mieux. Bien. 

Soudain Karim dépose un doux baiser sur ma main. Je suis ému.

J'ai une érection ...

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20 juin 2018

Karim

Chaque samedi je me rends dans mon jardin japonais. Je suis heureux. J'arrive à mon banc. C'est le plein été. Août. Malgré la chaleur insoutenable un petit vent frais. Je m’assois. Aujourd'hui je pique-nique. J'ai amené ma besace. Ce matin je me suis confectionné un sandwich végétarien. Sans mayonnaise. Je dispose aussi d'une petite bouteille d'eau minérale. Enfin j'ai à côté de moi mon livre de chevet favori. " Camarades de Pékin " de Bei Tong. C'est le livre que j'emporte lorsque j'ai besoin de rêver. De me projeter ailleurs. Ce livre il parle de quoi ?

Ça se passe à Pékin à la fin des années 80. Handong est un jeune entrepreneur ambitieux. Il veut réussir. Il est issu d'un milieu aisé. 

Il a compris l'intérêt qu'il pouvait tirer de la révolution économique chinoise. Par ailleurs Handong est un coureur de jupons. Parfois il lui arrive de payer des gars pour une nuit de sexe.

Un jour on lui présente un jeune étudiant en architecture qui débarque de sa province. Il s'appelle Lan Yu.

Dans un premier temps Handong se montre réservé à  l'égard de L'an Yu. Ça va changer. Handong est ému par l'innocence de Lan Yu. Une passion amoureuse naît entre les deux hommes. Qui s'avère vite devenir fulgurante.

L'histoire d'amour prend naissance dans une Chine qui est encore hostile aux unions de personnes de même sexe.

Le contexte de cette histoire d'amour c'est quoi ?

Le soulèvement de Tiananmen. Et dans le même temps la transformation de la Chine en une immense puissance capitaliste. C'est l'histoire de deux hommes qui dans un tel contexte veulent vivre leur amour coûte que coûte. Celle d'un amour interdit. Déchirant et sulfureux.

Je regarde alentour. Plus loin sur le chemin qui mène au carré j'aperçois deux personnes âgées qui s'avancent. Elles éprouvent des difficultés. Elles sont embarquées dans un long conciliabule.

Je saisis mon bouquin. J'ai envie de lire un peu. Je suis toujours avide de ce qu il va se passer dans les chapitres suivants. 

Depuis quelques minutes j'entame le chapitre où Handong songe à prendre femme pour sauver les apparences.

Au bout de quelques minutes je sens comme une présence. Je comprends pas. Je suis troublé. Je n'ose pas lever les yeux de mon livre. 

Quelqu'un vient d'entrer dans mon univers. Je suis pas habitué. Il vient de franchir là frontière de mon espace intime.

C'est un homme. J'en suis sûr. Je me sens pris dans un piège. Je ne décroche pas les yeux de mon livre. Pourtant j'en crève d'envie. Je ressens une envie folle de regarder l'inconnu. C'est organique.

Il vient de s'asseoir sur le banc à gauche. Je prends mon courage à deux mains. Ouf ! Lorsque j'ose un regard vers l'inconnu celui-ci semble s'intéresser à quelque chose situé sur son côté gauche. Je veux pas savoir ce que c'est. Je me dépêche de reprendre ma lecture.

Il est beau. Il a le même âge que moi. Type méditerranéen. Typé. Poilu. J'adore. Il porte une petite barbe au menton. Bohème. Il doit avoir au maximum vingt-et-un ans. Pas plus de vingt-quatre. 

La première question qui me vient à l'esprit c'est qu'est-ce que ce garçon vient foutre ici ? 

Je suis de plus en plus troublé. Perplexe. Je me pose plein de questions à son sujet. M'a-t-il repéré avant ? M'a-t-il suivi ? 

Je n'arrive plus à le concentrer sur mon livre. Je n'ai qu'une hâte c'est de reporter à nouveau mon regard sur l'inconnu. Je ne pense qu’à ça.

Je sens que je vais exploser sur place. Et pourtant je sens que je possède déjà un lien avec ce gars. Invisible.

J'ose un autre regard. Cette fois lui-aussi me regarde. Je sens l'émotion gagner toute la surface de mon visage.

L'inconnu me décroche un de ses plus beau sourire. Non. Je ne rêve pas. Ce n'est pas un sourire timide. Introverti. C'est un sourire détendu. Rieur. Épanoui. Franc. Direct. Moi Yvan c'est la première fois que je vois ça.

Je baisse les yeux. Je suis intimidé. Impressionné par une approche aussi directe.

Je regarde à nouveau l'inconnu. Ça peut durer longtemps ! 

Moi je ne souris pas. Je suis incrédule. Ça n'a pas l'air de le gêner. C'est moi qui ai des schémas dans la tête. Comme toujours. 

Alors je lui rends son sourire. Pas le même que le sien. J'en suis incapable. Non. C'est un petit sourire de quatre sous. Je me dis que c'est à moi à faire un geste. De sympathie. Je le fais. Un petit coucou de la main. L'inconnu me répond. Il me fait un grand salut de la main. Mon cœur bondit de joie. Alors mon regard s'attarde sur ce nouveau personnage.

Malgré ses vingt et un ans il se porte bien. Ma mère dirait bien en chair. Pourquoi pas après tout ? Il a l'air tellement sympa. Bizarre notre couple. Qui n'en est pas un. 

Autant l'inconnu accuse quelques formes autant moi je suis sec et maigre.

Ce jour-là Karim car c'est son prénom s'installe confortablement sur le banc. J'en déduis qu'il a pas envie de partir.

Karim porte une chemise à petits carreaux. Couleur bordeaux. Manches longues retroussées jusqu'aux bras. Chemise un peu usée. Elle s'ouvre sur un torse poilu. Viril. J'aime pas trop. J'ai reçu une éducation plutôt rigide. Mais je suis prêt à changer d'avis pour le bel inconnu. En bas il porte un jean usé. Bleu. Et des sandalettes. Là aussi je connais pas. J'ai pas l'habitude. Je suis surpris. C'est pas courant pour un jeune de porter des sandalettes. En général ce sont plutôt des basquettes. Comme moi. 

Pourquoi pas ?

Karim a décidé de passer à la manœuvre suivante. Il se lève de son banc et vient s'asseoir sur le mien. Les coups se mettent à redoubler dans ma poitrine. Karim s’assoit au bord. La seule pensée qui me vient alors c'est :

" Il va se casser la gueule ! "

...

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21 mai 2018

Un garçon seul

Bonjour. Je me présente. Je m'appelle Yvan. J'ai dix-neuf ans. Je suis de type occidental. Je me dis que où que je vive ou quoi que je fasse je serai toujours le même. Je changerai jamais. Je m'améliorerai c'est sûr. Mais au fond de moi je serai toujours le même Yvan. Je suis unique comme les 7 milliards d'êtres humains qui vivent de par le monde. Moi Yvan je fais partie de ceux qui sont différents.

Depuis longtemps j'ai réalisé que j'étais pas comme les autres garçons. Depuis le jour où j'en ai pris conscience j'ai ressenti le besoin de m'isoler pour comprendre tout ça. La place que je peux avoir dans la vie. Dans la société. Dans un monde où coexistent 7 milliards d'individus ? 

Je veux faire un voyage à l'intérieur de moi-même. 

Je vis seul dans une chambre. Située dans le centre-ville de Portland.

Portland. Oregon. La ville est située au États-Unis. Près du fleuve Columbia. Portland est connue pour ses parcs. Ses ponts et ses pistes cyclables. Ville écolo ! Portland est surtout connue pour son engagement en faveur de l'environnement. Et pour ses brasseries et cafés. Il y en a une cinquantaine. Portland c'est aussi une scène artistique théâtrale et musicale très vivante ! 

Je préfère être seul. C'est plus fort que moi.

...

Quel meilleur endroit pour méditer qu'un jardin public ? Puisque la ville en regorge ?

Mon jardin favori il est très beau. C'est le jardin japonais de Portland. C'est un havre de beauté et de calme. Il est entretenu avec le plus grand soin par la municipalité. Il est cité comme l'un des jardins japonais les plus vrais en dehors du Japon ! Il mesure deux hectares ... Et c'est pas tout ! Ces deux hectares comprennent cinq styles de jardins différents. Le jardin comporte des cours d'eau avec des méandres. Il est sillonné de chemins. Il a été créé en 1963 pour symboliser la paix entre le Japon et les États-Unis. Pour marquer la fin de la guerre et la réconciliation entre les deux pays.

Il a été conçu avant que le bouddhisme devienne à la mode aux États-Unis.

Ce jardin comporte cinq styles de jardins différents ! Parmi les cinq il en est un que je préfère aux autres. C'est le jardin du thé ! À mon avis c'est celui qui met le plus en valeur la richesse du Japon. Un pont qui serpente entre des parterres d'iris lui confère un charme supplémentaire.

C'est quoi un iris ?

Un iris c'est une fleur qui possède deux couleurs à la fois ! Le blanc et le violet. La fleur dégage un des parfums les plus odoriférants qui soit.

Le jardin à thé se compose d'arbres à feuilles et de plantes. Il possède une particularité. Les arbres et les plantes se mélangent de façon à montrer le changement de couleurs qui s'opère au cours des saisons. Il combine plusieurs éléments pour former un tableau des quatre saisons.

Ce qui fait que quelque soit la saison il est toujours coloré. Sans cesse il fourmille de mille et une couleurs. Surtout à l'automne. L'automne c'est ma saison préférée. Elle est toute empreinte de nostalgie. C'est la plus belle saison. Avec toutes ces feuilles mortes qui jonchent le sol et qui constituent le lit du jardin. C'est un des aspects de la nature et du changement des saisons que j'admire. Que je vénère. Que je recherche ! 

Ce que j'aime ce sont ces variétés de jaune qui changent tous les jours. La nature est en perpétuelle mutation. Elle évolue toujours. Et souvent le jaune vire au rouge.

L'endroit que j'ai choisi est tranquille. Il est peu fréquenté. Peut-être pour les gens ici c'est trop calme. Ça les inquiète. Ça doit être ça.

À part moi aucun jeune ne vient ici. Il ne s'y risquerait pas. De peur de ne rencontrer personne.

Les seules personnes qui viennent ici ce sont soit de jeunes couples avec des enfants en bas âge. Ou alors des retraités.

Tous les samedi je viens ici. À la même heure. Vers 17 heures. J'aime bien contempler la journée qui amorce sa dernière partie avant la nuit. En général je séjourne un peu plus d'une heure. Je rêvasse. Je réfléchis.

Le jardin est situé à côté de chez moi. Personne ne pensera à venir me chercher dans ce lieu. J'ai besoin de solitude.

Je m'installe dans un carré délimité par des buissons. Le banc qui a ma préférence est entouré par deux autres bancs. Un à gauche. Un à droite. Je vois toujours qui arrive. Lorsque j'arrive sur les lieux j'espère toujours que la place ne sera pas prise. Si c'est le cas j'ai un pincement au cœur.

...

Lorsque des gens viennent ou s'avancent on dirait qu'ils hésitent à s'approcher. C'est curieux comme un garçon seul ça met mal à l'aise. C'est inhabituel. Il faudrait que je sois avec mes acolytes à jouer au football sur le terre plein central. Ça les mettrait plus à l'aise.

...

Je m'appelle Yvan. J'ai dix-neuf ans.

Je n'aime pas mon physique. Taille moyenne. Je me situe dans la moyenne des garçons de mon âge. Ni trop beau ni trop moche. Je suis brun de peau. Ce qui me gêne c'est l'acné que j'ai au visage. Elle est forte. J'arrive pas à m'en débarrasser. 

Avant ça m'obsédait. Maintenant j'en prends mon parti. Aujourd'hui ça se voit moins mais mon visage reste marqué. J'ai peur que ça me desserve. Pour séduire c'est pas terrible. Ça risque d'être un peu compliqué. 

Je porte des lunettes. Même si ce sont des Ray-Ban dont je suis très fier. Monture noire. Les lentilles de contact c'est pas mon truc.

J'accorde la plus grande attention à mon habillement. En haut je porte toujours un sweet imprimé. Dessus il y a des slogans. J'aime afficher mes passions et mes idées sur mon sweet. Comme ça on sait à qui on a à faire. J'ai plusieurs sweet. Dessus sont écrits des choses du type :

" Il faut pas sombrer dans l'indifférence mais accepter la différence "

" Dieu a créé les gens en technicolor. Il a jamais fait de différence entre un noir un blanc un bleu un vert ou un rose "

C'est de Bob Marley !

En bas pareil. Je porte toujours les mêmes jeans. Bleu.

Et des basquettes blanches.

Ce jardin représente un rituel. La sortie du samedi. Alors je m'habille comme si j'allais en soirée. C'est comme si je sortais dans le grand monde. Il faut que je sois impeccable. Lavé. Rasé. Bien peigné. Beau. Et puis on sait jamais. Peut-être je vais rencontrer le Prince Charmant cette fois-ci. On sait jamais ! Mais une autre voix me dit :

" C'est pas en restant ici que tu vas le rencontrer ...

...

Je me dis que si je dois faire une rencontre ça peut aussi avoir lieu dans un jardin ! Pas dans un bar ou sur Internet ! Je ne supporte pas de faire comme tout le monde. Moi Yvan je crois à l'imprévu.

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